Mieux comprendre le microclimat forestier dans un contexte de changement climatique
Les espèces forestières dépendent pour leur survie non seulement des conditions macroclimatiques mais aussi des caractéristiques physiques proches de leur station telles que le confinement et l’exposition, et du type de peuplement forestier qui les héberge. Dans un contexte de changement climatique, la mesure de la variation spatio-temporelle des microclimats forestiers est devenue une priorité pour caractériser les préférences d'habitat des espèces, identifier les refuges potentiels, mieux gérer les forêts et anticiper les impacts possibles sur la flore consécutivement aux pratiques et aux aléas climatiques.
L'importance du niveau de maturité du peuplement (présence de vieux arbres, de bois mort, accumulation d'humus en sous-bois, dendromicrohabitats), d'un microclimat tamponné en sous-bois et de la gestion forestière en faveur de certaines espèces très sensibles à ces variables a déjà été démontrée par plusieurs étude (Lenoir et al. 2017, Richard B. et al. 2021 ; Bertrand et al. 2020 ; Zellweger et al. 2020) : les mousses, les lichens, les champignons, les plantes épiphytes, etc. en sont de parfaits exemples. Si le maintien de ces espèces est particulièrement dépendant de la conservation d'un microclimat forestier favorable, ce dernier l'est également pour les populations humaines. Rappelons que les forêts constituent un véritable atout pour les territoires : atténuation des aléas climatiques et hydrologiques extrêmes, refuge de biodiversité, corridor écologique, îlot de fraicheur, puit de carbone etc. Pour toutes ces raisons, les refuges microclimatiques forestiers constituent, a fortiori, dans un contexte d'étés exceptionnellement chauds et secs de ces dernières années en Europe, un enjeu de conservation majeur à l’échelle du Massif central.

Ces enjeux ont conduit le Conservatoire botanique national du Massif central, en collaboration avec les chercheurs de l’équipe de l’Unité de recherche du CNRS et de l’Université de Picardie Jules Verne EDYSAN, à déployer des sondes microclimatiques dans 48 sites forestiers du territoire afin d'étudier et mieux comprendre le lien entre les communautés végétales (mousses et plantes vasculaires), la maturité, l’ancienneté et le conditions microclimatiques des peuplements forestiers, dans un contexte de changement climatique.
Ce projet, dans la continuité du travail mené depuis plus de dix ans sur les forêts anciennes et matures, mobilisera les équipes du CBNMC sur l'ensemble de l'année 2026. En attendant les résultats de cette vaste étude, si vous apercevez de telles sondes accrochées sur les arbres, nous vous serions reconnaissants de ne pas manipuler le matériel en place au risque de fausser les données recueillies. A suivre...
