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Le CBN Massif central, acteur du développement de la bryologie française

L’intérêt porté à la bryologie et les compétences et connaissances réunies à cet égard depuis 2009, ont naturellement amené le CBN Massif central à jouer un rôle majeur dans le développement de la bryologie en France, comme l’a souligné la lettre d’accompagnement de la notification de l’arrêté de renouvellement d’agrément du CBN Massif central.
Cette capacité d’expertise a d’ailleurs conduit le CBN Massif central à devenir référent au sein de la Fédération des CBN qui lui a confié, notamment, la réalisation d’un référentiel taxonomique commun et un appui au dernier rapportage Natura 2000 concernant l’ensemble des bryophytes de l’annexe II de la directive « Habitats ». Récemment, le CBN Massif central a également apporté un appui à l’émergence de pôles de bryologie au sein d’autres Conservatoires botaniques nationaux, en particulier suite à la publication d’un nouvel arrêté ministériel portant sur la protection de 12 espèces de bryophytes.

Plus localement, ce domaine d’expertise a également été étendu au Centre de ressources documentaires du CBN Massif central dans la perspective de constituer une bibliographie de référence (monographies taxonomiques, écologiques, thèses, principales revues bryologiques…) et d’assurer une veille bibliographique.

Soulignons enfin que l’herbier de référence pour le Massif central concernant les bryophytes est aujourd’hui riche d’environ 7 123 parts. Il provient pour l’essentiel des collectes réalisées par les bryologues du Conservatoire botanique dans le cadre de ses activités dans la France entière. Cette collection de référence a vocation à s’enrichir chaque jour, au fil des découvertes.

Des inventaires ponctuels aux campagnes régionales systématiques…

Dans le Massif central, malgré de profondes lacunes, les premières années d’existence du pôle Bryoflore du CBN Massif central (création en 2009) ont permis d’améliorer significativement les connaissances. En réponse à des sollicitations de partenaires ou dans le cadre des missions générales du CBN Massif central, le nombre d’informations bryologiques dans la base CHLORIS® a atteint 143 150 informations au 31 décembre 2013.
Ces informations floristiques sont réparties de manière inégale sur l’ensemble du territoire d’agrément, certaines régions n’ayant fait l’objet d’aucun inventaire spécifique. C’est notamment le cas du Limousin qui, malgré son grand intérêt bryogéographique (bryoflore à caractère océanique, influence méditerranéenne sur les calcaires de Brives) ne fait encore l’objet que d’inventaires très ponctuels. En outre, en région Rhône-Alpes, divers programmes ont permis de collecter un nombre significatif de données dans cette région jusqu’alors méconnue, notamment dans la vallée du Rhône et la basse Ardèche calcaire. Et même la bryoflore d’Auvergne, considérée comme l’une des mieux connues en France en raison de son statut de « hot-spot bryologique » au niveau national, réserve encore des surprises : les prospections conduites ces dernières années ont apporté un grand nombre de nouveautés, mettant en lumière la difficulté de réaliser des inventaires bryologiques exhaustifs et laissant supposer que le territoire souffre encore très largement de sous-prospection.

Les différents inventaires effectués depuis 2009 concernent 4 grands complexes écologiques :

  • zones humides (bas-marais et hauts-marais) : tourbières du Rhône ; haut-marais ombrotrophes du Haut-Forez…
  • forêts méditerranéennes : Réserve naturelle des Gorges de l’Ardèche…,
  • gorges boisées : gorges de la Sioule (Allier) ; gorges de la Rhue (Cantal) ; gorges d’Enval (Puy-de-Dôme) ; Réserve naturelle des Gorges de la Loire (Loire)…
  • habitats subalpins : Réserves naturelles de Chaudefour et de Chastreix-Sancy (Puy-de-Dôme).


Aujourd’hui, seuls les bryophytes épiphytes ont fait l’objet d’un programme spécifique d’inventaire en raison de la grande méconnaissance et de l’exceptionnelle richesse de ce groupe dans le Massif central. Dans ce but, une méthodologie adaptée a été développée et testée sur 324 mailles 10 × 10 km dans la région Auvergne. Cet inventaire avait vocation à collecter systématiquement des informations chorologiques, écologiques et synécologiques concernant les épiphytes corticoles des quatre départements : il a permis, par exemple, de disposer de données objectives pour la réévaluation des statuts des espèces de la liste rouge régionale, d’un catalogue des végétations épiphytes corticoles, et d’un outil d’évaluation de l’état de conservation des habitats boisés. Les stratégies, la dynamique et les facteurs structurants la richesse épiphytique à différentes échelles ont également été évalués.