×

La bryoflore du Massif central : un patrimoine floristique exceptionnel encore à découvrir…

Les bryophytes au sens large comprennent aujourd’hui trois phylum distincts, les bryophytes au sens strict (les mousses), les marchantiophytes (les hépatiques) et les anthocérotophytes (les anthocérotes). On peut considérer le nombre de mousses présentes en France proche de 971, celui des hépatiques proche de 307 et celui des anthocérotes de 5, soit un total de 1283 bryophytes.

 

Un univers végétal omniprésent mais peu connu...

Dans le Massif central, les bryophytes sont omniprésents. On les trouve dans les milieux les plus artificiels, comme les parkings de supermarché, les décharges publiques, les troncs d’arbres en ville, jusqu’aux milieux les moins perturbés par l’action humaine, tels que les combes à neige à l’étage subalpin, les forêts anciennes, les bords de torrent… Si les forêts, les tourbières et les pelouses constituent leurs milieux de prédilection, les bryophytes se développent presque toujours dans des micro-habitats particulièrement spécialisés au sein d’habitats structurés par la végétation trachéophytique. Ditrichum pallidum ne se développe que sur des plages de substrat terreux (de nature limoneuse) dénudés par l’activité de la faune, situées en forêt de plaine (chênaies surtout). Anacamptodon splachnoides ne croît que dans les cavités d’arbres susceptibles de se remplir temporairement d’eau, dans les hêtraies montagnardes. Splachnum ampullaceum ne colonise que les bouses de vache déposées entre les buttes de sphaignes au sein des haut-marais acides. Ces exemples illustrent l’hyper-spécialisation des bryophytes.

À la lecture de ces quelques exemples de niches écologiques particulières, on comprend aisément que la réalisation d’inventaires systématiques à grande échelle est rendue difficile d’autant que ceux-ci nécessitent un matériel et des compétences spécifiques, et ne peuvent être permis que par un faible présence d’observateurs sur ce territoire… Enfin, n’oublions pas que la connaissance taxonomique de la bryoflore du Massif central souffre encore aujourd’hui d’importantes lacunes. De nombreux taxons, généralement considérés comme des « bonnes espèces » dans la plupart des travaux, nécessiteraient une réévaluation critique. Malgré ces difficultés, depuis 2009, le CBN Massif central a engagé un important travail d’amélioration des connaissances portant aussi bien sur des inventaires ponctuels que sur des programmes régionaux…

Télécharger le pdf