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Zoom sur une végétation

L. Seytre (CBN Massif central), V. Hugonnot (CBN Massif central) et B. De Foucault (Conseil scientifique du CBN Massif central) ont publié un article dans le Journal botanique de la Société botanique de France n°72 consacré à deux groupements élémentaires originaux de bas-marais à Choin noirâtre dans le Cantal.

L’étude de caractérisation phytosociologique des stations de Choin noirâtre du secteur de Saint‑Paul‑des‑Landes (Cantal) a permis de décrire deux groupements élémentaires originaux, considérés comme des associations nouvelles : un groupement à Carex viridula subsp. oedocarpa et Schoenus nigricans, assimilable à un bas‑marais intermédiaire neutro‑acidiclinophile que nous faisons relever de l’Hydrocotylo vulgaris‑Schoenion nigricantis, et un groupement à Serratula tinctoria et Schoenus nigricans, pré tourbeux à structure de « Molinion » et s’inscrivant dans la sous‑alliance du Serratulo seoanei‑Molinienion caeruleae (Juncion acutiflori). Cette sous‑alliance est nouvelle pour la région Auvergne. Ces deux nouveaux groupements sont décrits formellement comme Serratulo tinctoriae‑Schoenetum nigricantis Seytre et Caricio viridulae‑Schoenetum nigricantis Seytre. L’intérêt patrimonial de ces formations à Choin noirâtre est multiple : chorologique (limite orientale d’aire de répartition de l’Hydrocotylo vulgaris‑Schoenion nigricantis et du Serratulo seoanei‑Molinienion caeruleae), historique (vestiges de bas‑marais vraisemblablement plus étendus auparavant), phytosociologique (apport à la diversification des habitats génériques 6410 et 7110), paysager (élément phytocénotique participant à la mosaïque des séries hygrophiles oligo‑mésotrophiles du bassin sédimentaire d’Aurillac), fonctionnel (bio‑indicateur du régime hydrique et de la qualité physico‑chimique des eaux), botanique (présence de plusieurs espèces vasculaires remarquables, dont certaines trouvent leur unique foyer auvergnat dans le secteur de Saint‑Paul‑des‑Landes).

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Les forêts anciennes sont définies comme celles n'ayant pas subi de défrichement dans leur histoire (indépendamment de la gestion sylvicole). La biodiversité y est alors spécifique : en effet, la continuité temporelle du couvert forestier permet la présence d'espèces que l'on n'observe que rarement dans les jeunes forêts ayant recolonisé d'anciennes terres agricoles. L’abondance de ces espèces typiquement forestières peut être un bon indice de l’ancienneté de la forêt. Plusieurs travaux mettent en évidence dans d’autres régions des listes d’espèces végétales indicatrices d’ancienneté, mais aucune n’est adaptée pour le Massif central.

C’est dans cette perspective que Léo Malzieux, étudiant en Master 2 à l’université Joseph Fourier de Grenoble, a travaillé à l’élaboration d’une liste d’espèces vasculaires indicatrices de forêts anciennes pour Massif Central, sous la coordination de Benoît Renaux. À cet effet, il a analysé 664 relevés phytosociologiques forestiers réalisés par les botanistes du CBNMC et ses correspondants, et comparé la fréquence statistique des espèces en contexte ancien et récent. L’ancienneté des forêts a, quant à elle, été prouvée sur la base des cartes de l’Etat-major réalisées au milieu du XIXe siècle, c’est à dire à l’époque où le recul des forêts était maximal.

Six grands types de forêts et 102 espèces fréquentant ces milieux qu’ils soient anciens ou récents, ont été analysés. Les espèces typiques des forêts anciennes possèdent souvent une faible capacité de dispersion, ce qui les empêche de recoloniser rapidement une jeune forêt. Ce sont, le plus souvent, des espèces de sous-bois. On peut citer parmi elles l’Ail des ours (Allium ursinum), l’Arum tacheté (Arum maculatum), les Fétuque des bois (Drymochloa sylvatica) et hétérophylle (F. heterophylla), l’Aspérule odorante (Galium odoratum), la Luzule des bois (Luzula sylvatica), la Mélique uniflore (Melica uniflora), le Sceau de Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum) ou encore parmi les fougères les Dryopteris des Chartreux (Dryopteris carthusiana) et écailleux (D. dilatata). Fréquemment citée dans les études hors Massif central, l’Anémone des bois (Anemone nemorosa) est également indicatrice d’ancienneté, mais uniquement à l’étage collinéen : son abondance dans les landes de l’étage montagnard la rend en effet plus fréquente en altitude dans les forêts récentes, qui ont recolonisé des landes après abandon du pâturage.

À l’inverse les espèces de forêts récentes sont pour la plupart des espèces de demi-ombre et d’ourlet, plus pionnières, ou relictuelles d’un stade antérieur à la forêt. On peut citer notamment l’Angélique des bois (Angelica sylvestris), le Genêt à balais (Cytisus scoparius), la Stellaire holostée (Stellaria holostea), le Gaillet des rochers (Galium saxatile), la Houlque molle (Holcus mollis) ou encore la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia)...

Benoît Renaux et Léo Malzieux
(CBN Massif central)

Les landes à Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius) et Genêt poilu (Genista pilosa), se développant sur des sols acides et très pauvres en éléments nutritifs, forment l’une des landes à caractère méditerranéen et atlantique (dans l’alliance phytosociologique du Cisto salviifolii-Ericion cinereae Géhu in Bardat et al. 2004).
De nombreuses espèces ligneuses de lande structurent le cortège floristique (Calluna vulgaris, Genista pilosa, Cytisus oromediterraneus), associées à des taxons herbacés thermophiles (Andryala integrifolia, Chondrilla juncea, Lactuca viminea, Anarrhinum bellidifolium, Helichrysum stoechas, Cota tinctoria). Les landes à Ciste à feuilles de sauge sont citées dans la directive « Habitats » sous la mention « landes sèches européennes » et sont d’intérêt communautaire.
Fréquentes à l’étage supraméditerranéen de la bordure sud du Massif central (Ardèche, Lozère et Gard), ces landes se montrent plus ponctuelles à l’étage collinéen inférieur. Sur la Loire et le Rhône, elles s'établissent sur quelques coteaux exposés au sud (ravins rhodaniens) essentiellement dans le département de la Loire (commune de Chavanay) et peut-être dans le Rhône. Ces landes peu connues présentent, au niveau de leur cortège floristique, un caractère méditerranéen atténué, et constituent dans le massif du Pilat les dernières irradiations septentrionales du groupement cévenol plus typique.
Rares en France, ces communautés possèdent un intérêt renforcé par leur situation en limite nord de répartition dans le département de la Loire. Actuellement, de nombreuses menaces pèsent sur cette végétation souvent en mauvais état de conservation, car en mosaïque avec des milieux plus fermés telle la chênaie pubescente. Elle est menacée à court ou moyen terme par le développement naturel des ligneux mais aussi par les multiples pressions anthropiques qu’elle subit.
Les stations existantes sont fortement touchées par l’urbanisation et le développement du vignoble des Côtes-du-Rhône.

A. CULAT (CBN Massif central)

Les pelouses pionnières des sables siliceux à Corynéphore blanchissant représentent un habitat rare et menacé à l’échelle des départements de la Loire et du Rhône comme de la France entière. Le Corynéphore blanchissant se retrouve dans trois types de milieux :


- en vallées alluviales au niveau de terrasses sableuses plus ou moins remaniées. Seules trois stations sont connues à ce jour dans de tels contextes dans la Loire et le Rhône : bois du Creuil sur la commune de Cleppé et champs de captage de Roanne pour la Loire, environs du château de Boitray pour le département du Rhône ;
- sur des sables acides tertiaires comme dans le cas des sites emblématiques de la forêt de Fontainebleau. Dans la Plaine du Forez, des affleurements sableux à caractère acide dits « sables de Poncins » abritent la plus grande station de Pelouse à Corynéphore blanchissant du territoire (la Grande Pinée, commune de Chambéon) ;
- sur arènes granitiques sableuses, sous forme de stations le plus souvent fragmentaires (Gorges de la Loire, contreforts du Forez, Monts du lyonnais).



Les stations primaires des vallées alluviales, du fait des aménagements humains, sont devenues particulièrement rares et s’avèrent aujourd’hui très menacées en Loire et Rhône. La survenue aujourd’hui exceptionnelle de crues morphogènes contribue à ce recul et aucune station nouvelle de Pelouses à Corynéphore blanchissant, en bordure du lit des rivières, n’a pu être découverte récemment. L’impossibilité d’une régénération naturelle de cet habitat due à l’absence de réelle dynamique fluviale, compromet son maintien à long terme. Seule l’activité de grattage des populations de lapins de garenne permet le maintien de ces végétations pionnières de manière très localisée. Ces terrasses hautes, parfois oubliées du réseau Natura 2000 du fait de leur éloignement du lit mineur, sont soumises à une forte pression agronomique et urbaine. La préservation des rares Pelouses à Corynéphore blanchissant connues des départements de la Loire et du Rhône représente donc un enjeu majeur de protection de la biodiversité.

P.-M. LE HÉNAFF (CBN Massif central)

Dans le cadre du programme de caractérisation et d’évaluation patrimoniale des végétations de la région Rhône-Alpes, mené en partenariat avec le CBN alpin et le Conseil régional, une pré-liste rouge des végétations (en cours de validation) a vu le jour en 2011. Ce travail de détermination patrimoniale, basé sur les critères de menaces de l’UICN met en exergue 26% des végétations naturelles et semi-naturelles menacées d’extinction à plus ou moins long terme parmi les 1021 associations recensées sur l’ensemble de la région : 24 groupements (2%) sont considérés comme en danger critique d’extinction (CR), 76 (7%) comme en danger d’extinction (EN) et 170 (17%) comme vulnérables (VU). Dans le Massif central rhônalpin, 10 groupements apparaissent comme gravement menacés d’extinction (catégorie CR). Il s’agit de végétations présentant un risque extrêmement élevé de disparition à court terme dans l’Ouest rhônalpin, telles que :

  • la Végétation amphibie à Renoncule à fleurs latérales et Salicaire à feuilles de thym (Radiolion linoidis Pietsch 1971), gazon oligotrophile supraméditerranéen des chaux basaltiques du Coiron, menacé par l’intensification agricole ;
  • la Végétation chasmophytique serpentinicole à Doradille cunéiforme (Asplenion serpentini Br.-Bl. & Tüxen ex Eggler 1955), groupement du Suc de Clavas menacé par la cueillette ;
  • la Végétation des éboulis subalpins phonolithiques à Séneçon argenté et Valériane à feuilles trifides (Allosuro crispi-Athyrion alpestris Nordhagen 1936), groupement du Mézenc menacé également par la cueillette mais aussi par le piétinement ;
  • la Pelouse alluviale pionnière à Orpin de nice et Corynéphore blanchâtre (Sileno conicae-Cerastion semidecandri Korneck 1974), groupement pionnier des alluvions méditerranéennes, menacé par le calibrage des cours d’eau et l’eutrophisation ;
  • la Pelouse vivace thermophile des roches basaltiques à Ail à tête ronde et Fétuque d’Auvergne (Koelerio macranthae-Phleion phleoidis Korneck 1974), pelouse pionnière des basaltes de la Plaine du Forez, menacée par la déprise agricole et le boisement spontané des coteaux ;
  • la Chênaie pédonculée-Ormaie hygrophile à Laîche à épis espacés (Alnion incanae Pawłowski in Pawłowski, Sokołowski & Wallisch 1928), forêt fluviale à bois durs des bas niveaux topographiques du cours moyen de la Loire et de l’Allier, menacée par le calibrage des cours d’eau et l’eutrophisation.



G. CHOISNET (CBN Massif central)

Les prospections réalisées ces dernières années dans les vallons encaissés de l’ouest du Cantal ont permis de découvrir un lot de bryophytes atlantiques très exigeantes d’un point de vue écologique. Ces bryophytes affectionnent des gorges encaissées soumises à un climat particulier : précipitations élevées, brouillards fréquents, températures douces… Relief et climat déterminent ici la richesse des sites où l’on rencontre : Aphanolejeunea microscopica, Breutelia chrysocoma, Jubula hutchinsiae subsp. hutchinsiae, Lejeunea patens et Lophocolea fragrans.
Pour les bryologues, ces espèces évoquent la flore des sites hyper-atlantiques du Pays basque ou de Bretagne finistérienne. La question de l’origine de l’ensemble de ces populations se pose alors. Sans le recours à des méthodes modernes (analyse moléculaire), il semble très hasardeux de proposer une interprétation univoque des distributions actuelles. L’examen des caractéristiques reproductrices et démographiques de ces espèces met en lumière leur situation précaire et leur forte vulnérabilité face aux bouleversements qui pourraient les affecter à différentes échelles. La conservation de ces cortèges remarquables nécessiterait la mise en place d’une gestion sylvicole minimale.

V. HUGONNOT & J. CELLE (CBN Massif central)

Le CBN Massif central a caractérisé pour la DREAL Auvergne les tourbières boisées de la région et de ses marges. Cet habitat d’intérêt communautaire prioritaire (91D0) demeure très rare et méconnu à l’échelle nationale. Les caractéristiques floristico-écologiques des 6 grands types rencontrés ont été précisées suite à l’analyse de 200 relevés, afin de fournir un outil d’identification sur le terrain et d’éviter les confusions.
Sur certaines tourbières, la dynamique ligneuse soulève de nombreuses questions (naturalité, dynamique, rôle fonctionnel, gestion conservatoire...). Pour y répondre, une réflexion est menée sur la place de l’arbre et des stades boisés dans les écosystèmes tourbeux, alimentée par des prospections de terrain mais aussi par une vaste synthèse bibliographique régionale, nationale et européenne (analyses palynologiques et de macrorestes, écologie et dynamique des tourbières, expérience des gestionnaires…).
Sans les défrichements anciens, une boulaie ou sapinière-boulaie à sphaignes remplacerait la physionomie naturelle actuelle de bon nombre de tourbières plates. En contexte de haut-marais l’évolution vers l’état boisé est en revanche loin d’être obligatoire. La végétation spontanée semblerait davantage constituée d’une mosaïque de milieux boisés et ouverts, voire non boisés sur certaines tourbières bombées. En dehors des plantations et des peuplements consécutifs à des drainages, l’origine du développement des arbres dans les haut-marais demeure méconnue. Qu’ils soient entièrement naturels ou favorisés par l’Homme, sur bas ou haut-marais, ces stades boisés ne sont que rarement des phases de sénescence de la tourbière signant l’arrêt du processus parfois millénaire d’accumulation de la tourbe.
En dehors de plantations ou d’accrus très denses d’origine anthropique, l’état boisé n’est ainsi pas incompatible avec la turfigénèse, ni avec la présence de certains taxons rares et protégés. Sans nier l’intérêt de milieux ouverts concurrencés par la dynamique ligneuse, il conviendrait donc d’étudier davantage les possibilités d’expression de dynamiques naturelles et d’éviter le recours systématique à des interventions conservatoires (coupe, déssouchage, extraction de rémanents...).

B. RENAUX (CBN Massif central)

L’alliance du Bromion racemosi Tüxen in Tüxen & Preising 1951 nom. nud. regroupe les communautés prairiales fauchées plus ou moins maigres se développant sur des sols minéraux temporairement engorgés ou inondables. Dans le Massif central, cet habitat, témoin d’une gestion agricole extensive, semble répandu dans les vallées alluviales mais aussi les dépressions humides de bassin versant sur roches cristallines et volcaniques. Mais les superficies occupées s’avèrent généralement faibles.

Ce type de prairie se caractérise par sa diversité floristique (jusqu’à 40 espèces par relevé) et par son équilibre entre les espèces prairiales à large amplitude et les espèces des sols humides (dont un grand nombre de laîches). Au printemps, juste avant les fenaisons, les floraisons se montrent très diversifiées avec, en particulier, les Œnanthes, la Scorzonère humble, le Silène fleur de coucou et les Orchidées.

Si les communautés des grandes plaines alluviales du pourtour du Massif central (Saône, Loire, Vienne…) correspondent à des associations connues d’autres régions de France, celles développées en moyenne montagne se révèlent propres au Massif central. On y rencontre notamment des plantes d’intérêt patrimonial pour le Massif central telles que l’Orchis à fleurs lâches, le Vulpin renflé, l’Œnanthe faux boucage, l’Œnanthe à feuilles de silaüs, le Trèfle étalé.

Ces prairies, non prises en compte par la directive « Habitats », sont souvent victimes du drainage, de la populiculture, de l’intensification, ou encore de la mise en culture. En régression importante dans le Massif central, elles viennent, à ce titre, d’être récemment recensées comme milieu déterminant dans le « Diagnostic de la biodiversité en Auvergne »

P.-M. LE HENAFF (CBN Massif central)

En 2010, dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs signée avec le Conseil général de l’Allier, le CBN Massif central a inventorié, caractérisé et évalué l’intérêt patrimonial des landes sèches du département de l’Allier en complément du travail mené sur les landes humides en 2009. Une grande variabilité de types élémentaires de landes a ainsi été mise en évidence.

À l’ouest du département, sous influence atlantique marquée, se développe une lande à Ajonc nain et Bruyère cendrée que l’on rapprochera de l’Ulici minoris-Ericetum cinereae. Ce type de lande est relayé, en situation plus subatlantique, par une lande à Genêt poilu et Bruyère cendrée (cf. Genisto pilosae-Ericetum cinereae). Lorsque le sol devient plus frais apparaît une lande hygrocline à Genêt d’Angleterre, constituant une transition vers les landes humides (cf. Calluno vulgaris-Genistetum anglicae) ; les stations restent toutefois très rares à l’échelle du département. Tout aussi rares, quelques pré-manteaux thermophiles à Cytise purgatif et Callune commune ont été observées au sud-est du département : elles correspondent aux limites septentrionales des influences climatiques franco-ibériques marquées sur le terrain par la présence du Cytise purgatif. À l’extrême est, les hauteurs des monts de la Madeleine hébergent, quant à elles, une lande d’affinité submontagnarde à Genêt poilu et Airelle myrtille. Enfin, un fragment de lande du montagnard supérieur à Calamagrostis faux-roseau et Airelle myrtille s’exprime uniquement au sommet du Puy de Montoncel, point culminant du département de l’Allier.

Victimes d’abandon des pratiques pastorales traditionnelles, de plantations artificielles, ou encore de drainage (pour les landes humides), les landes de l’Allier sont particulièrement menacées. Les informations collectées durant ces deux années de prospection permettront au Conseil général d’agir en leur faveur, en collaboration avec ses partenaires techniques et les collectivités du département, notamment par la définition de nouveaux Espaces naturels sensibles, l’élaboration de plans de conservation, etc.

L. SEYTRE (CBN Massif central)

L’étude des hêtraies subalpines médio-européennes à érables et Rumex arifolius en Auvergne, menée en 2008 pour la Direction régionale de l’environnement d’Auvergne, a mis en évidence une communauté végétale originale, propre aux plus hauts sommets volcaniques de la région. Dépourvu d’Érable sycomore contrairement aux hêtraies d’altitude de l’est de la France (Aceri-Fagetum), ce type de hêtraie se distingue par une végétation d’origine nettement plus atlantique et par un ensemble floristique combinant à la fois des espèces évoluant sur des sols neutres et des sols acides, dualité propre aux terrains volcaniques du Massif central. La comparaison des relevés disponibles provenant des différentes régions de France et des pays limitrophes révèle l’existence d’au moins trois associations végétales différentes sur le territoire national en fonction de la nature géologique du substrat (calcaire, cristallin, volcanique) et de la position biogéographique. Jusqu’à présent, le classique Aceri-Fagetum constituait la seule référence dans la littérature phytosociologique* pour décrire les hêtraies subalpines.

L. SEYTRE (CBN Massif central)