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Depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère : entre 1750 et 2011, on estime que les activités humaines ont induit une perturbation de l'équilibre énergétique de la Terre, provoquant un réchauffement de la surface terrestre. La croissance des concentrations atmosphériques en CO2, qui ont augmenté de 40% et celles de CH4 qui ont cru de plus de 150% y ont fortement contribué. En conséquence, l’équilibre climatique est déstabilisé et le climat se réajuste avec une augmentation de l'effet de serre, et donc de la température terrestre. Selon le Ministère de l’écologie et du développement durable qui relaie les conclusions du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en 2014, l’augmentation de la température à la surface du globe sera probablement supérieure à 1,5 °C à la fin du siècle par rapport à l’époque préindustrielle (1850-1900). La biodiversité, le littoral, l’océan, la santé et même le patrimoine culturel sont concernés par les impacts de ce changement climatique. 

Les plantes comme les animaux sont sensibles aux variations climatiques. Leur cycle biologique dépend pour une grande part de la variation saisonnière des températures et des précipitations. Le réchauffement climatique aura un effet croissant sur la modification des aires de répartition de chaque espèce et, par voie de conséquence, sur la composition et le fonctionnement des écosystèmes. La flore sera condamnée à s’adapter ou à disparaître, et celle du Massif central n’est pas en reste. Depuis les années 80, les périodes de floraison tendent déjà à devenir plus précoces, en témoignent également les dates de vendange de plus en plus avancées.

Au regard de sa situation géographique et de sa géomorphologie, le Massif central présentent des zones d’altitude relativement restreinte. Les plantes et végétations subalpines occupent des espaces particulièrement circonscrits. Tandis qu’elles subiront l’élévation des températures et la diminution des jours de gel et d’enneigement, celles-ci ne pourront se réfugier davantage en altitude (le Puy-de-Sancy, principal sommet du Massif central, culmine à 1886 m d’altitude). Cette flore constitue donc un enjeu régional de conservation particulièrement fort face aux bouleversements du climat attendus. De même, les modifications des régimes de précipitation affecteront les végétations palustres et forestières tandis que les végétations méditerranéennes s’étendront probablement davantage sur les piedmonts du Massif central.