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Menaces

À travers le monde, l’urbanisation, la fragmentation et la modification des écosystèmes, la surexploitation des ressources naturelles, les pollutions ou encore les changements globaux tels que ceux affectant le climat sont à l’origine d’une vague d’extinction d’espèces animales et végétales dont la rapidité s’avère sans précédent. 

Les études conduites notamment par l’Union internationale pour la conservation de la nature ont prouvé qu’avec 756 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire et en particulier en outre-mer, la France possède une responsabilité majeure dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. La France se place parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales mondialement menacées. 

Plus localement, la mise à jour des listes rouges régionales nous alerte sur l’état de conservation de la flore (et indirectement sur celui de la végétation) du territoire d’agrément du CBN Massif central. Ainsi 40 % des 2655 taxons évalués s’avèrent menacés ou quasi menacés dans au moins une des trois régions du territoire d'agrément. 19 taxons sont d'ores et déjà considérés comme disparus (ou non revus depuis plus d'un siècle) à l'instar de la Cuscute du lin (Cuscuta epilinum), le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), la Nigelle des champs (Nigella arvensis), ou encore la Phlomide lychnite (Phlomis lychnitis)... 

 Pour en savoir plus : http://indicateurs-biodiversite.naturefrance.fr/questions/toutes

L’urbanisation, la multiplication des voies de communication, la surexploitation des ressources naturelles contribuent chaque jour à fragmenter les espaces naturels. 68167 ha/an, en moyenne, ont été artificialisés entre 2006 et 2012, au détriment des terres agricoles mais aussi des milieux naturels (sources : ONB et MEDDE 2014). Selon l’ONB, le suivi de l’occupation des sols montre une diminution persistante de la surface des milieux semi-naturels. Ils représentaient 53,1 % du territoire terrestre métropolitain en 1990 contre 52,7 % en 2006. Sur le Massif central, comme sur le reste du territoire métropolitain, les zones d’altitude et les grands ensembles forestiers apparaissent comme les moins fragmentés, à l’opposé en particulier des régions d’agriculture intensive et des grandes vallées (ouest du Limousin, Grande Limagne en Auvergne, vallon rhodanien en Rhône-Alpes…). 

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D’une manière globale, la pollution (organique et chimique) des eaux de surfaces, principalement d’origine agricoles et domestiques, constitue une menace importante sur la flore et la végétation des zones humides, en particulier celles des milieux naturellement pauvres en éléments nutritifs (marais, tourbières, grèves alluviales, lacs…).

 Au cours des dernières campagnes de relevés en 2011 (sources : MEDDE 2014), 27 % des nappes souterraines de métropole détenaient une teneur moyenne en nitrates supérieure à 25 mg/l et 11 % supérieure à 40, voire 50 mg/l tandis que les pesticides étaient présents dans 93 % des points de suivi des cours d’eau métropolitains. Les nappes du quart sud-est, ou de l’Auvergne en sont pour l’instant quasi exemptes.

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Au delà des activités humaines polluantes, c’est sans aucun doute la surexploitation généralisée des sols et des ressources naturelles qui menace considérablement la flore et la végétation du Massif central. Ces dernières décennies, l’intensification des pratiques pastorales (développement des prairies temporaires en altitude) et agricoles (drainage et mise en culture de prairies humides, surfertilisation…) bouleverse les paysages du Massif central. L’évolution des surfaces de grands espaces toujours en herbe en France mesurée par l’ONB indique une perte de 8 % entre 2000 et 2010. Cette évolution ne traduit pas hélas l’état de conservation de la flore qui s’y trouve. On peut suspecter de profonds changements au sein de la composition floristique des espaces prairiaux. Localement, la raréfaction croissante des prés fleuris (narcisse, jonquille…) n’en est qu’un triste et démonstratif exemple.

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Depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère : entre 1750 et 2011, on estime que les activités humaines ont induit une perturbation de l'équilibre énergétique de la Terre, provoquant un réchauffement de la surface terrestre. La croissance des concentrations atmosphériques en CO2, qui ont augmenté de 40% et celles de CH4 qui ont cru de plus de 150% y ont fortement contribué. En conséquence, l’équilibre climatique est déstabilisé et le climat se réajuste avec une augmentation de l'effet de serre, et donc de la température terrestre. Selon le Ministère de l’écologie et du développement durable qui relaie les conclusions du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en 2014, l’augmentation de la température à la surface du globe sera probablement supérieure à 1,5 °C à la fin du siècle par rapport à l’époque préindustrielle (1850-1900). La biodiversité, le littoral, l’océan, la santé et même le patrimoine culturel sont concernés par les impacts de ce changement climatique.

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Sous l’effet des aléas climatiques, de la dérive des continents, ou encore de l’évolution, les espèces animales et végétales ont de tous temps traversé le globe, générant cette incroyable diversité des formes de vie que nous connaissons aujourd’hui ou, à l’inverse, créant des vagues d’extinctions épisodiques. Ce phénomène n’est pas nouveau mais, avec le développement du commerce et la mondialisation des échanges, l’homme a démultiplié les capacités des formes de vie, à investir de nouveaux territoires au détriment de la faune et de la flore autochtones. Et s’il est vrai que seules quelques-unes parviennent véritablement à se naturaliser, leurs effets peuvent être particulièrement dévastateurs. On se souviendra, à cet égard, des effets tragiques du Phylloxéra sur les vignes européennes au XIXe siècle ou encore de l’arrivée du Rat noir en Europe au Moyen Âge, à l’origine de profonds bouleversements écologiques, économiques et sanitaires. Ainsi, aujourd’hui, les phénomènes d’invasion biologique figurent parmi les menaces les plus sévères pesant sur la biodiversité mondiale.

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Chaque année, en raison de l’accroissement des flux commerciaux et des échanges de marchandises mais aussi des progrès de la sélection génétique, des plantes “nouvelles” viennent côtoyer les plantes indigènes dîtes « sauvages ». Ces plantes exogènes sont parfois proches des espèces autochtones ou s’avèrent, le plus souvent, des cultivars d’espèces indigènes mais originaires de régions éloignées et présentant une écologie différente. Dans tous les cas, leur génome est différent de la flore locale.

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