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Conformément aux missions définies par le décret ministériel n°2004-696 du 8 juillet 2004, le Conservatoire botanique national du Massif central s’emploie à identifier et à conserver des éléments rares et menacés de la flore et des habitats naturels ou semi-naturels.

En effet, c’est en confrontant sa connaissance de la flore et des habitats à celle des régions voisines, en comparant les données floristiques anciennes et actuelles, que le Conservatoire botanique national du Massif central évalue régulièrement la rareté des espèces et des végétations ainsi que leurs causes. Sa capacité d’expertise lui permet également de surveiller l’état de conservation des populations d’espèces remarquables ou d’ensemble de végétations faisant l’objet ou non de mesures de gestion conservatoire.

Ainsi, quatorze ans après son lancement, le programme d’inventaire général de la flore vasculaire de l’ensemble du territoire d’agrément ainsi que l’élaboration de listes rouges régionales permettent aujourd’hui une meilleure hiérarchisation des enjeux et des urgences de conservation dans l’espoir de freiner et idéalement d’anticiper l’extinction d’une espèce ou d’un habitat.

Comme pour la plupart des Conservatoires botaniques de création ancienne, l’activité de conservation fut jusqu’alors étroitement associée aux missions de connaissance de la flore et des habitats, et principalement centrée sur la conservation des espèces en dehors de leurs sites (ex situ). Elle portait notamment sur des espèces ou groupes d’espèces à fort enjeux ou encore sur des secteurs subissant une forte pression d‘aménagement. Depuis une dizaine d’année, l’activité de conservation a progressivement évolué vers une stratégie plus globale, s’intéressant également à l’action sur sites (in situ) des gestionnaires d’espaces naturels. Mais, contrairement à une idée répandue, les Conservatoires botaniques nationaux ne sont pas des gestionnaires d’espaces naturels : leur rôle sur la préservation in situ des espèces et des habitats concerne surtout l’intégration des connaissances biologiques et écologiques sur la flore et la végétation dans les plans de gestion, le suivi des populations et des végétations ainsi que le porter à connaissance des techniques de gestion conservatoire.

Ce constat a débouché sur une stratégie partenariale de conservation de la flore menacée menée avec l’appui des collectivités territoriales et des conservatoires régionaux d’espaces naturels (CEN Auvergne et Rhône-Alpes). Dans ce cadre, les Plans biogéographiques d’actions de conservation (PBAC) constituent l’outil le plus complet de connaissance et de mise en œuvre des actions de sauvegarde de la flore rare et menacée. Ils impliquent l’étude de la biologie de l’espèce, la réalisation d’analyses génétiques, l’élaboration de protocoles de suivis fins... Hélas, nécessitant une somme de travail très conséquente, ils ne concernent qu’un nombre relativement réduit d’espèces jugées d’intérêt hautement prioritaire. Néanmoins, les taxons à enjeux moindres bénéficient également de mesures de sauvegarde basées sur des travaux plus légers.

Soulignons enfin que, d’une manière générale, l’ensemble de l’activité du CBN relative à la conservation de la diversité végétale s’appuie sur le cadre règlementaire en vigueur. Et si l’activité de conservation au Conservatoire botanique national du Massif central reste encore à développer au regard des menaces croissantes pesant sur l’environnement et à la démultiplication des enjeux de conservation, le CBN s’applique chaque jour à suggérer des évolution du cadre règlementaire au regard de ses connaissances actuelles.