  Ouverte aux influences climatiques extérieures, sous la forme de graines liées à des marchandises ou des animaux migrateurs, l’Auvergne est riche en végétaux les plus diverses, si bien que, malgré les appauvrissements dus à certaines activités humaines, la flore y est aujourd’hui sans doute plus variée que celle de ses paysages primitifs.
Les nombreux éléments de contexte (température, air, lumière, eau, sol…) se réunissent en de multiples combinaisons favorables à certaines plantes ou groupes de plantes. Notons, par exemple, qu’en montant, la température décroît, au contraire du rayonnement solaire. Les reliefs auvergnats ont ainsi permis aux végétaux d’exercer leurs facultés colonisatrices, de s’établir à l’étage le plus propice et de survivre en changeant d’étage lors des variations climatiques du quaternaire récent. Plus qu’ailleurs, grâce à la variété des milieux naturels – on trouve des forêts, des prairies, des tourbières, des coteaux et des roches – on observera la richesse du vivant et, c’est l’une des vertus de cet Atlas de la flore d’Auvergne, on mesurera l’importance d’un patrimoine exceptionnel, après en avoir pris conscience, puis connaissance. Ce merveilleux travail de passionnés est surtout une incitation à regarder de près. Que votre lecture soit studieuse ou votre feuilletage rêveur, vous aurez sûrement, à un moment ou un autre, la mémoire de l’enfant que vous avez été, allongé le nez dans l’herbe de printemps, enregistrant joyeusement images et senteurs, à l’affût de cet environnement si généreux pour la curiosité. Alors que nos modes de vie plus urbains, notre appréhension du monde plus technologique, notre usage des plantes plus médiatisé nous éloignent de l’alliance spontanée avec la nature, le propos de cet Atlas de la flore d’Auvergne n’est-il pas d’abord encyclopédique au sens propre, c’est-à-dire de faire connaissance. Dans le cas présent, matière et manière se conjuguent afin que cet apprentissage soit un plaisir. Bonne lecture et bonnes promenades en Auvergne. René SOUCHON Président du Conseil régional d’Auvergne
Plus de 200 ans après la publication de la flore d’Auvergne d’Antoine Delarbre, et cinquante ans après la parution de l’Inventaire analytique de la flore d’Auvergne du docteur Maurice Chassagne, le Conservatoire botanique national du Massif central nous propose son « Atlas de la Flore d’Auvergne » qui, en ce début du xxie siècle, actualise les connaissances sur le patrimoine floristique de notre région. La Charte de l’Environnement, désormais adossée au préambule de la Constitution de notre République, rappelle que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel, et que toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. La connaissance de tout ce qui fait la richesse de cet environnement, et en particulier de notre flore, s’inscrit dans cette perspective. Cet Atlas fournit des informations rigoureuses, objectives et argumentées sur la diversité et la richesse de la flore auvergnate, sur sa dynamique et sur les enjeux de sa préservation ; il concrétise ainsi les orientations de la Charte. Rassemblant près de 2 millions de données, dont près des trois-quarts résultent d’investigations de terrain, ce projet a mobilisé pendant 6 ans l’équipe du Conservatoire botanique et plus de 90 correspondants et partenaires techniques, soit 5 000 jours de travail patient sur le terrain ou au laboratoire. Je suis heureux de les remercier pour leur engagement enthousiaste. Cet ouvrage présente près de 3 800 taxons dont plus de 500 ont un véritable intérêt patrimonial pour l’Auvergne. Il nous apprend que notre région recèle quelques espèces micro-endémiques comme la Jasione crépue d’Auvergne ou le Saxifrage de Lamotte. Mais surtout la présentation des cartes de répartition nationale permet de rendre compte de la responsabilité particulière de l’Auvergne, quand notre région abrite la majeure partie des stations d’espèces particulièrement précieuses, et c’est par exemple le cas de la Ligulaire de Sibérie ou du Bouleau nain. On y découvre aussi que l’Auvergne, du fait de ses particularités écologiques et climatiques, héberge des espèces d’affinité subalpine, comme le Saule herbacé, des espèces de terrains salés plus habituellement rencontrées sur le littoral comme le Troscart maritime, ou encore des espèces d’affinité méditerranéenne qui trouvent refuge dans les zones les plus sèches des Limagnes et des bassins sédimentaires abrités : il en est ainsi du Liseron rayé ou de l’Epiaire d’Héraclée. Ce programme de connaissance de notre flore régionale n’aurait pu être mené sans le soutien financier de nombreux partenaires. Les quatre Départements et la Région d’Auvergne, l’Etat, en mobilisant des crédits du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et du Fond national d’Aménagement du territoire au titre de la convention interrégionale de massif et l’Europe (FEOGA 2B) se sont ainsi associés pour permettre la réalisation de ce qui sera un document de référence sur l’état actuel et l’évolution de la flore sauvage en Auvergne. Ce large partenariat témoigne, s’il le fallait, de notre nécessaire solidarité pour la préservation de notre environnement, dans la perspective d’un développement plus durable. Jean-Michel BÉRARD Préfet coordinateur du Massif Central Préfet de la région d’Auvergne | 

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